Un œil sur ma ville : Angoulême

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Rencontre avec Yohan Boitaud, dirigeant notamment du pôle tourisme et loisirs au sein de l’agence Mobilboard Angoulême, dans la Charente (16). Il nous présente sa ville et nous dévoile ses coups de cœur, ses conseils et son parcours depuis la création de l’agence.

Peux tu nous présenter ton parcours en quelques mots ?

yohan
Bonjour je m’appelle Yohan Boitaud, j’ai 34 ans, et je suis l’un des associés de l’agence Mobilboard Angoulême en Charente, chargé du développement de nos offres tourisme – loisirs – incentive. Nous avons créé notre agence, avec mon frère et mon père depuis bientôt 2 ans, et nous soufflerons nos bougies le 1er décembre prochain.
L’idée de devenir loueurs de gyropode Segway est venue de mon frère Kévin. En vacances à Anglet, le hasard l’a amené à croiser la police municipale perchée sur ces drôles d’appareils électriques. L’idée lui a pris d’en louer avec sa fiancée pour découvrir les sensations de conduite. Le hasard, qui fait décidément bien les choses, l’a amené jusqu’à l’agence Mobilboard Côte Basque, seulement quelques minutes après avoir croisé la police municipale !

C’est ainsi qu’après une expérience d’une heure, est né en lui la volonté de monter son affaire. Il ne lui aura fallu que peu de temps pour nous convaincre mon père et moi, de se lancer dans une aventure familiale. Aujourd’hui, nous sommes fiers du chemin parcouru en seulement 2 ans, et nous espérons encore augmenter notre flotte d’appareils l’an prochain.


Est-ce que tu utilises un gyropode Segway pour te déplacer dans Angoulême et en Charente ?

Le truc, c’est que j’en suis devenu totalement accro, je ne conçois même plus mes petits trajets sans mon Segway ! Le moindre prétexte est bon pour rouler en gyropode plutôt qu’en voiture, même par temps légèrement pluvieux avec mon parapluie, je prends plus de plaisir à me déplacer.

Si j’ai des rendez-vous à assurer dans un secteur éloigné d’Angoulême, je le charge dans le coffre de ma voiture et une fois arrivé, j’assure tous mes sauts de puce avec mon Segway. J’adore voir la réaction de mes interlocuteurs qui ne s’attendais pas à me voir débarquer avec un tel engin !

En général, cela détend tout de suite l’atmosphère pour engager les conversations. Surtout que le plus souvent, mes interlocuteurs ne sont pas avares en question, et c’est toujours un plaisir d’échanger autour de cet appareil qui me fascinera toujours, tout comme son inventeur Dean Kamen, un vrai génie de la mécatronique !

Photo Dean Kamen Segway _ (c) www.blogs.calgaryherald.com


Si tu devais citer 3 traits de personnalité de la ville d’Angoulême ?

Quels sont les meilleurs endroits selon toi pour sortir le soir à Angoulême ?

Pour bien débuter la soirée, l’idéal est de se retrouver sur les terrasses des cafés du Vieil Angoulême, l’un des plus populaires, c’est le Blues Rock Café, mais en fouinant un peu, on peut dénicher des bars aux ambiances très différentes selon les goûts. Une autre adresse incontournable, le River 102 situé le long de la Charente dans la basse ville au cœur du Pôle Image, réputé surtout pour sa cave à vin et ses tapas. C’est un cadre vraiment magnifique où la modernité de l’acier rivalise avec la tradition des pierres de tailles.

Source : www.leriver102.com

Source : leriver102

Pour le dîner, ma préférence va en premier lieu pour le Bruleau Charentais, un bistrot formidable à l’ambiance décontracté. La carte et la salle son petites, mais c’est la garantie de déguster des plats toujours frais. Par contre la réservation est plus que conseillée ! C’est une cuisine sans chichi mais succulente, qui tourne essentiellement autour des grillades au feu de bois et sa petite spécialité réputée chez les autochtones, le camembert braisé sous la cendre, un régal !

Source : Le Bruleau

Source : Le Bruleau

Je vous rassure, c’est loin d’être la seule bonne adresse sur Angoulême qui compte de nombreux restaurant de qualité. Voici quelques autres suggestions intéressantes : La Ruelle (orchestré par le chef Guillaume Veyssière qui vous proposera une cuisine gastronomique inventive et surprenante), l’Angolo d’Italia (qui comme son nom l’indique, vous proposera un repas aux saveurs d’Italie à base d’ingrédients et de produits frais en provenance directe de la péninsule), Chez Paul (où vous serez accueilli par Jean-Paul Decroix, son patron haut en couleur, lui-même utilisateur de Segway depuis de nombreuses année, et qui vous proposera une cuisine traditionnelle de saison, privilégiant les produits locaux)… Les bonnes tables à Angoulême, ce n’est vraiment pas ce qui manque !

restaurant-paul

Après le dîner, direction les bars ambiances et les clubs. Les adresses à la mode : le bar Le Why Not avec son petit club au sous-sol, le Select pour la qualité des DJ, ou encore la Petite Folie et son cadre chic et décontracté dans une cave médiévale.
La Petite Folie


As-tu des anecdotes sur Angoulême ?

Là encore la liste est longue, mais je vais me limiter aux 2 que je préfère !

  • Courtoise l’épée légendaire :

Dans le courant du IXème siècle les normands tentèrent à plusieurs reprises de remonter la Charente pour attaquer Angoulême. L’ultime bataille fut menée par Guillaume II comte d’Angoulême, en 929. C’est là que Courtoise son épée, devint une arme de légende, lorsque Guillaume l’emporta en combat singulier contre le roi viking Storin, le chef des normands, en le taillant par moitié à travers sa cuirasse faite de fer. Le comte y gagna le surnom de Taillefer qu’il transmettra comme nom de famille à toute sa descendance. Aujourd’hui, beaucoup de rue et bâtiment portent se nom, comme une salle qui abrite devinez quoi ?… Un club d’escrime !

rue-taillefer

Sur la gauche : Façade néo-classique de l’église Saint André, mélangeant architecture gothique et romane en son sein

Sur la droite : Une des façades de l’école privée Saint-Paul, établissement fréquenté par l’ancien Président de la République, François Mitterrand

  • Le général volant :

Le général Resnier, alias Guillaume Resnier de Goué, est né en 1729. Il s’engagea dans l’armée à 16 ans et prit sa retraite en 1796. Il devint entre temps un écrivain utopiste qui publia plusieurs essais sur sa vision de la république idéale et dans lesquels, il imaginait les hommes voler, son rêve de toujours. En 1801, à 72 ans, il fabriqua plusieurs prototypes afin d’accomplir son rêve. Il fit d’abord deux premiers essais infructueux. A sa troisième tentative, il se lança du haut du rempart de Beaulieu, pour atterrir de l’autre côté de la Charente, après un vol de 300m ! Il se brisa une jambe à l’atterrissage, mais survécu à ses blessures, et mourut 10 ans plus tard, sans doute heureux d’avoir accompli son rêve.

Malheureusement, ce tout premier vol humain (en dehors des vols en ballon et montgolfières) réalisé chez nous à Angoulême, ne passa pas à la postérité. Le général était considéré comme un original, et l’exploit ne fut ni renouvelé, ni médiatisé : on l’oublia. L’Histoire retiendra comme premier homme volant l’allemand Otto Lilienthal, qui réalisa ses vols en 1891, soit 90 ans après notre général !

Aujourd’hui, un panneau est consacré au général Resnier au musée de l’Air du Bourget, et une maquette de sa machine volante est suspendue dans un hangar de l’Aéroport International Angoulême-Cognac.

guillaume-resnier

Puisque cette interview est aussi consacrée au Segway, voici une autre petite anecdote pour finir. Savez-vous d’où proviennent les batteries de la première génération de Segway ?… Et bien de chez nous, plus précisément de la société SAFT à Nersac, une commune du Grand Angoulême. La production commença en 2001, puis se termina en 2007 avec l’apparition des modèle de seconde génération, les PT i2 et PT x2.


Quelles sont les spécialités gastronomiques d’Angoulême, les plats les plus typiques ?

La liste est longue ! Comme je ne peux pas tout citer, je vous proposerai plutôt mon menu charentais idéal. Mais avant cela, Impossible de faire l’impasse sur le cognac et le pineau quand on évoque les produits du terroir charentais ! Le premier est un brandy, une sorte d’eau de vie faite à base de raisin comme l’armagnac, que l’on obtient par une double distillation.

Le cognac est avant tout connu en tant que digestif, mais ici on l’apprécie aussi à l’apéritif avec du tonic, on appelle ce cocktail un surfer. Le pineau est quant à lui issu du cognac.

Selon la légende, le pineau des Charentes est le fruit du hasard et a été créé par un vigneron charentais en 1589. L’homme versa par erreur du moût de raisin dans une barrique qui contenait de l’eau de vie de cognac. Lorsque la barrique fut ouverte quelques années plus tard, le pineau des Charentes était né.

Depuis les charentais en ont fait une prière :
Mon Dieu,
Donne-moi la santé longtemps,
Du travail pas trop souvent,
De l’amour de temps en temps,
Mais du Pineau tout le temps !

Maintenant, voici mon menu charentais idéal :

  • Entrées :
  • Cagouilles (escargots) à la charentaise, préparées avec de la mie de pain et de la chair à saucisse.
  • Melon charentais au pineau.
Source : www.mylittlebigwine.com - Crédit : Hélenne Durand

Source : www.mylittlebigwine.com – Crédit : Hélenne Durand

  • Plats :
  • Le fameux jarret de veau de Chalais au pineau, c’est un plat mijoté en cocotte, reconnu pour la grande qualité de sa viande à la chair blanche à rosée d’une exceptionnelle tendreté et qui ne se rétracte pas à la cuisson.
  • Le chapon de Barbezieux rôti aux truffes et châtaignes bien de chez nous.
  • La (vrai) mouclade, plat de moule à la crème originaire de Saintonge, préparé avec des échalotes, du pineau blanc, du beurre des Charentes et du curry.
Source : www.montiroirarecettes.com - Crédit : Cindy Barille

Source : www.montiroirarecettes.com – Crédit : Cindy Barille

  • Desserts :
  • Le millas charentais, un gâteau à base de farine de maïs et au cognac.
  • La cornuelle, biscuit triangulaire dont le centre est percé d’un trou, parsemé de grains d’anis, traditionnellement préparé le jour des Rameaux.
Source : www.levinparfait.it - Crédit : Charliban

Source : www.levinparfait.it – Crédit : Charliban

  • Digestif :
  • Le brûlot charentais, c’est un café noir versé froid et recouvert d’un peu de cognac, servie dans une tasse munie d’une soucoupe garnie de trois morceaux de sucre imbibés de cognac, auxquels on met le feu.

En brûlant, le cognac de la soucoupe réchauffe la tasse et le café. Lorsque la température s’élève suffisamment, le cognac de la tasse s’enflamme. Après l’évaporation totale du cognac, on verse le contenu de la soucoupe dans la tasse, et on obtient une sorte de liqueur de café au cognac.

Plus d’informations pour découvrir la ville d’Angoulême en une journée ou un week-end

Propos recueillis auprès de Yohan Boitaud de l’agence Mobilboard à Angoulême et Royan.

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L'auteur

Passionné très tôt par la photo, l'image et ce qu'elle véhicule, (j'en ai fait mon métier ☺ ) c'est mon envie de partager mes découvertes aux travers de mes expériences qui m'ont fait rejoindre l'équipe du blog. Mes inspirations : Francis Bacon - Max Neumann - JR - Artist... Enjoy !

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